La Princesse de Clèves est-il un roman de la dissimulation ?

   

Marina Vlady et Jean-François Poron dans "La princesse de Clèves" de J. Delannoy (1961) (Marcel Dole / Photo12 / AFP)

    Il est possible de considérer "La Princesse de Clèves" de Madame de Lafayette comme un roman de la dissimulation, car l'un des thèmes principaux de l'oeuvre est le jeu de la dissimulation et de la mise en scène de soi-même. Dans ce roman, les personnages se montrent sous un jour favorable à travers leur comportement et leur discours, tout en cachant leurs véritables motivations et leurs émotions profondes.

    La princesse de Clèves elle-même incarne parfaitement ce jeu de la dissimulation. Malgré sa réputation de modèle de vertu et de sagesse, elle cache sa passion pour le duc de Nemours et se montre indécise et hésitante dans ses choix, ne sachant comment concilier son devoir et ses émotions. Elle dissimule également sa jalousie envers la duchesse de Chevreuse, qui cherche à séduire le duc de Nemours, et se montre digne et parfaite en toutes circonstances.

    Le thème de la dissimulation est également présent dans les relations entre les autres personnages du roman, qui se jouent de la vérité et se manipulent les uns les autres pour parvenir à leurs fins. Le comte de Rochefort, par exemple, dissimule ses intentions et ses émotions derrière un masque de politesse et de courtoisie, tandis que la reine et la duchesse de Chevreuse sont expertes dans l'art de la manipulation et du mensonge.

    En somme, "La Princesse de Clèves" met en lumière le jeu de la dissimulation qui caractérise les relations humaines, et dépeint les conséquences de cette dissimulation sur les individus et sur la société. On peut donc considérer que c'est un roman de la dissimulation. Cependant, il ne faut pas oublier que cette dissimulation est aussi présente dans d'autres oeuvres littéraires, et qu'elle reflète les codes de conduite et les valeurs de l'époque de Madame de Lafayette.